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Vercingétorix

 

L'âge de Vercingétorix fait l'objet de nombreuses conjectures. On a traduit adulescens par adolescent. Vercingétorix aurait eu environ vingt ans. Or on constate qu'il connaît bien le détail de la géographie gauloise. Par exemple au chapitre 20 du livre VII, accusé de trahison, il mentionne par deux fois sa bonne connaissance du terrain et le profit qu'en ont tiré les Gaulois. Ses manoeuvres face à César montrent de même une habileté qui était aussi le fruit de son expérience alors que celle de ses soldats était très inférieure à celle des légions. Voir aussi Benoist, Guerre des Gaules ‑ note historique:
Adulescens, ce mot n'indique pas l'âge d'une façon précise ; il s'applique, suivant les uns, à tous ceux qui ont de 14 à 28 ans, suivant les autres à ceux qui ont de 15 à 30 ans ; mais cette dénomination si large ne l'est pas encore assez et l'on trouve ce mot appliqué à des hommes de 33,34 et 35 ans. César appelle adulescens Vercingétorix, VII, IV, 1 ; Convictolitavis, VII, XXXII, 4, etc. ; dans ces passages, adulescens équivaut à jeune homme. Ailleurs César emploie ce mot pour distinguer le personnage auquel il l'applique d'un autre personnage plus âgé, le père d'ordinaire : adulescens correspond alors au français le jeune ; cf. Brutum adulescentem, III, XI, 5 ; VII, IX, 2 ; LXXXVII, 1. C'est ainsi que Crassus, qui était un homme fait et qui avait été augure, est appelé adulescens, I, LII, 7 ; III, VII, 2 ; cf. Volcatium Tullum adulescentem, VI, XXIX, 3 : Eporedorix adulescens, VII, XXXVIII,2 (cf VII,LXVII,7).


Princeps, Princepes. Ce mot, chez les Gaulois, ne désigne pas une magistrature, même quand il est employé au singulier. Il indique simplement que le personnage désigné par ce mot est un de ceux qui exercent le plus d'influence sur ses concitoyens : Sédulius, chez les Lémovices, VII, LXXXVIII, 4 ; C. Valerius Procillus dans la Province, I, XIX, 3 ; Valerius Donnotaurus chez les Helvii, VII, LXV, 2 ; Vertiscus chez les Rèmes, princeps civitatis, VIII, XII, 4 ; au pluriel, la signification est la même, I. XVI, 5 ; XXXI, 1 ; II, IV, 3 ; v. 1 : IV, VI,5 ; V,IV,3;v.3;VI,4;XLI, l;VI,XII,4;VII, 1,4;IV, l; XXXII, 2 ; LXIV, 8 : VIII, VII, 6 ; XII, 4 ; XXII, 2. Les Principes sont donc des gens influents, riches, commandant à une gens puissante, à un clan puissant, à une clientèle nombreuse, ils parviennent parfois à se faire nommer généraux, mais ils ne sont pas magistrats. Ils ne paraissent remplir une fonction officielle qu'une seule fois, alors qu'ils se rendent à une assemblée générale de la Gaule, et César les appelle en passant legati, députés (I, XXX, 1).

Les principes sont parfois plus puissants que les magistrats, 1, XVII, 1, et le principatus, comme pour Vercingétorix, est un moyen d'arriver à la royauté, VII, IV 1 ; Vercingétorix, VII, XXVI, 3, réunit les principes pour délibérer. César les appelle aussi primi civitatis, II, III 2, XIII ,1.
Vercingétorix pouvait avoir plus de trente ans et ce n'est pas son âge qui lui a interdit la magistrature mais son statut de princeps.
Cicéron dans son de Senectute énumère les trois âges de la vie pueritia, adulescentia, senectus (III‑4). Voir aussi X‑31 id.

Plus précisément il écrit au XVII‑60 "46 ans s'écoulèrent entre le premier et le sixième consulat de Valerius Corvinius : ainsi le sénat voulut que le temps écoulé jusqu'au début de sa vieillesse fût le même que celui des honneurs". L’adolescence suivant Cicéron s’achève à 46 ans.
Il n'y a donc pas lieu de crier à l'invraisemblance lorsqu'on avance que Vercingétorix avait sensiblement plus de vingt ans ce qui expliquerait la prudence de son comportement et sa science de manoeuvrier face à un ennemi extraordinairement rapide et inattendu.
Il n'avait pas confiance en son infanterie alors même que les circonstances ne paraissaient pas lui être contraires. Trois exemples dans des situations exceptionnelles, contribuent à renforcer cette impression et à rendre inexplicable l'attaque du VII‑67.
I) Pendant le siège d'Avaricum Vercingétorix, à part une expédition assez mystérieuse de diversion ( il sera accusé de trahison au retour) durant laquelle il refusa de nommer un chef en son absence de peur que celui‑ci ne veuille affronter les Romains, ne tente pas de tourner César.
2) A Gergovie i1 se refuse à la bataille et ne poursuit même pas César (ne tam quidem insecutis hostibus) (VII‑53‑4).
3) Lorsque les cavaliers gaulois attaquent les Romains pendant leur mouvement vers la Province (VII‑66) sur son ordre, Vercingétorix, pour renforcer leur courage, leur dit qu'il sera devant les camps (trois, VII‑66‑3) avec toutes ses troupes. Sa cavalerie sera battue et il s'enfuit vers Alésia en croyant peut‑être encore que César gagnera la Province.

Ce dernier épisode aussi est étrange à moins qu'on imagine qu'il a surpris César qui le cacherait dans sa présentation de l'affaire sans qu'elle soit mensongère. Pour que l'Arverne décide d'attaquer alors que sa tactique l'excluait, il fallait qu'il fût sûr de l'emporter. César (VII‑66), dès le commencement du chapitre, écrit que les Gaulois sont installés dans trois camps à I5KM des Romains. C'est un fait mais à ce moment du chapitre César le sait‑il et non pas plutôt au VII‑67‑2 ce qui change tout ? César ignorait sans doute où était exactement Vercingétorix qui avait, connaissant César, une idée précise des manoeuvres de celui‑ci. Qu'attaquer César n'ait pas été une bonne idée n'exclut pas de chercher si elle aurait pu avoir un meilleur sort même si l'explication proposée ici peut s'en voir préférer d'autres.

Si César a été surpris, on lui annonce l'attaque (Qua re nuntiata, César...), ici donc il ne marchait pas en tête, on peut penser que son armée, en colonne était en proie à une difficulté, forêt, relief, traversée de rivière... L'effet de surprise pouvait jouer en faveur des Gaulois et en tout cas sur le lecteur, devant le mystère de ce revirement de Vercingétorix.  Curieusement les trois camps gaulois ont été installés à 15Km des Romains. 15Km peuvent correspondre à une longueur des colonnes d'infanterie gauloise, environ 60.000 hommes, que Vercingétorix n'aurait pas voulu engager dans une trouée qui le privait de toute possibilité de manoeuvrer.  Vercingétorix attaque mais sans que son infanterie n'ait d'autre rôle que de se montrer. La défense en coin adoptée par César avec une répartition en trois parties de sa cavalerie donne à penser que malgré cela elle ne se disperse pas et que le reste de son armée est à l'abri. Les bagages qui n'y étaient pas sont disposés au milieu des légions qui arrivent. Les cavaliers gaulois promettent de ne pas rentrer chez eux sans avoir traversé deux fois les rangs romains par conséquent en colonne et non en ordre de bataille.

César donne de Vercingétorix une image moins flatteuse que celle transmise par l'habituelle complaisance de rigueur à son égard. Cruel (voir VII‑ch4 en particulier N° 9 et 10), il n'hésite pas pour convaincre et punir les indécis à torturer, à brûler vif et à couper les oreilles, à arracher les yeux pour des fautes moins graves. Certains auteurs oublient cet aspect des Commentaires, reprochent à César de travestir les faits quand ils trahissent son texte.
De même à l'égard des Gaulois : ils sont soumis à des rites barbares, tels les sacrifices humains qui sont simplement prétexte, pour certains historiens, à contester la véracité de César et alors que, par exemple, Cicéron les évoque en 69 (Pro M.Fonteio).."qui ignore qu' ils (les Gaulois) ont conservé la coutume monstrueuse et barbare des sacrifices humains ?" (XIV‑3 Ramain p.49) (Commentaires VI‑I6).
On a écrit que Vercingétorix avait fomenté le complot à l'origine du massacre des  commerçants romains à Cenabum. Coïncidence : 1es Arvernes sont informés par la clameur. C'est l'exemple que César donne pour en montrer la rapidité."Car, alors que ces événements s'étaient déroulés au lever du jour à Cenabum, on les apprenait avant la fin de la première veille en territoire arverne ; la distance est d'environ 240 km". (VII‑3‑3) L'hypothèse susdite trouve quelques vraisemblances dans l'exemple donné par César.
La guerre durait depuis 58 et offrait à Vercingétorix un terrain favorable à son ambition d'autant plus que les Gaulois étaient prompts à s'enflammer (comme à se décourager).
Dans le Pro Fonteio Cicéron défendait l'ancien gouverneur de la Gaule narbonaise contre des accusations de concussion. Il s'en prend aux témoins gaulois, gens sans foi ni loi. Assurément Cicéron ne les croit pas mais considère qu'il convient de se garder de provoquer une nouvelle guerre des Gaules (XV‑33), 17 ans avant le massacre de Cénabum.
Manoeuvrier habile, le choix de sa tactique y trouvait son compte, Vercingétorix savait aussi utiliser les circonstances politiques.
Lui prêter les qualités humaines que lui refuse César est un exercice qui a ses limites. L'affaire des Mandubiens en est une. Ils avaient accueilli son armée, l'avaient abritée, nourrie et sans espoir qu'ils survecussent, il les chasse. César ne peut ni les nourrir ni en augmenter le nombre de ces ennemis.

 

VERCINGETORIX EXPOSE SON PLAN QUI CONSISTE A EVITER UNE RENCONTRE ET A AFFAMER LES ROMAINS. TENTATIVE QU'IL FAIT CONTRE LA PROVINCE. (Titre de Benoist)

VII‑64

1. Lui‑même (Vercingétorix) ordonne aux autres nations de livrer des otages et fixa la date pour cela. Il ordonne en outre que tous les cavaliers, au nombre de 15.000 le rejoignent.

2. I1 déclare qu'il se contentera de l'infanterie dont il dispose déjà et qu'il ne tentera pas la fortune ou un combat en ligne "mais puisqu'il a une cavalerie abondante il pourra facilement empêcher les Romains de récolter le blé et de fourrager.


3. Quoi qu'il arrive ils devront d'un même coeur détruire leurs récoltes et incendier leurs habitations et c'est au prix de la destruction de leurs biens qu'on verrait s'ils assureraient leur pouvoir définitif et leur indépendance."

4. Ces décisions prises il exige 10.000 soldats des Eduens et des Segusiaves qui sont aux limites de la Province, il y ajoute 800 cavaliers.
5. Il nomme le frère d'Eporedorix à leur tête et lui ordonne de porter la guerre chez les Allobroges.

6. Par ailleurs il envoie les Gabales et les Arvernes des pays les plus proches contre les Helviens et de même il envoie les Rutènes et les Cadurques ravager sur les territoires des Volques et des Arecomices.

7. Non moins secrètement il cherche à entrainer les Allobroges par des envoyés et des ambassades avec l'espoir que la précédente guerre ne s'était pas effacée des esprits.


8. Il promet de l'argent aux chefs et le pouvoir sur toute la Province d'autre part à leur peuple.


César

 

César ne nous dit pas si l'adhésion des Gaulois fut totale. Sans doute n'avaient‑ils pas le choix. Vercingétorix savait faire taire les hésitations mais sentait à coup sûr dans quelle mesure il pouvait compter sur la patience et la ténacité de son infanterie en qui sa confiance était faible on le sait.

De plus il y avait un problème de commandement avec les Eduens fort déçus de ne pas être à sa place. Cela aussi explique, c'est possible, le revirement du chapitre 66 dans lequel la cavalerie gauloise se montre enthousiaste; César cette fois raconte d'une manière détaillée la réaction au discours de Vercingétorix, et d'autant plus qu'il s'agit d'en terminer en une seule fois.

Qu'avaient à gagner dans cette guerre les fantassins gaulois ? Pas grand‑chose. Le ralliement de leurs chefs était acquis souvent grâce à des promesses matérielles. Certes dans le passage ci‑dessus il est question d'imperium et de libertas. Eux vivaient dans un état de quasi servage. En cas de victoire des Gaulois leur statut n'en serait pas modifié. La révolte de 52 a éclaté à cause d'un mécontentement général dont l'origine auprès des chefs gaulois a été fournie par le supplice et la mort d'Acco. César écrit que la plus grave sentence fut prononcée (ce que Benoist qualifie d'euphémisme), et qu'il le condamna suivant la coutume au plus grand des supplices. C. Goudineau qui se réfère à César complète celui‑ci en expliquant que dans un premier temps César lui pardonna puis se ravisant décida de le faire supplicier à la mode romaine : Acco est torturé et exécuté devant tous ses alliés et toute l'armée. (Le Nouvel Observateur 4‑10 août 2005).

Mise à jour le Lundi, 12 Avril 2010 17:32
 
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