Alesia et dépendances

 

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Progression dramatique du récit dans la Guerre des Gaules PDF Imprimer Envoyer

Progression dramatique du récit dans la Guerre des Gaules

 

La prise d'Alésia constitue le point culminant des Commentaires si on considère, et voici la falsification de César, que Vercingétorix fut son adversaire le plus coriace. C'était si peu le cas que César n'hésite pas, alors qu'il a encerclé Alésia, à se préparer à un affrontement avec l'armée de secours trois fois plus nombreuse que l'armée assiégée : cette décision n'est pas le signe d'une grande crainte à l'égard du Gaulois et de ses soldats terrifiés qui, après une poursuite dont les épisodes constituent la trame du 7ème livre, se retrouvent enfermés. Vercingétorix était redoutable par sa tactique : il ne l'appliquera jamais vraiment, trois fois vaincu et sans ressort lorsqu'il a l'avantage (Gergovie). Ambiorix a été un adversaire autrement efficace à condition de ne pas se contenter de la lecture du 7ème livre. A ce propos, certains spécialistee ne comptabilisent que deux batailles de cavalerie livrées par Vercingétorix (celle du Ch. 80 est livrée par l'armée de secours). Leur compétence semble s'être heurtée à ceci : la traduction de Constans aux chapitres 66, 70, 90 (L. VII) indique le sujet : combat de cavalerie. Le ch.13 du livre VII n'a pas d'intitulé : exit cette défaite gauloise.
En résumé César en donnant sa force à l'oeuvre littéraire n'a pas obligatoirement contribué à sa véracité en accordant une importance injustifiée à Vercingétorix : au demeurant l'éventail des jugements portés sur celui-ci par l'histoire est suffisamment vaste pour accepter la comparaison avec Ambiorix, l'absolu s'inclinant sous le joug du relatif. Certes il est d'ordinaire considéré comme un héros à l'immense talent militaire mais sans écarter les soupçons de trahison et d'incompétence (Montaigne).

Cette progression dramatique en fonction d'adversaires de plus en plus redoutables ne paraît pas avoir trouvé son meilleur argument avec Vercingétorix. En revanche les troupes rencontrées par les Romains furent de plus en plus nombreuses. Ainsi pour secourir Q.T.Cicéron, ils affrontent et défont 60.000 Gaulois (Nerviens V-49-1) avec seulement deux légions et 400 cavaliers (V-46-5) soit environ à 1 contre cinq ou six, de même que devant Alésia.
Le rapport des forces contre les Helvètes est plus équilibré. César commande 6 légions (5 venues d'Italie et 11 000 hommes à Genève). Avec 3 légions (I-12-2) il taille en pièce les Tigurins soit le quart de 92.000 hommes (I-29-2), 23 000 hommes. Il dispose aussi de nombreux auxiliaires qui lui permettent de couvrir d'hommes la colline de Montmort (I-24-3); entre la ligne de bataille formée par les 4 vieilles légions et les fortifications construites par les recrues (2 légions) César avait intercalé ces troupes auxiliaires dont le nombre était au moins égal à celui de la première ligne des vérérans soit 7.000 hommes probablement plus : le rapport est de 1,5 à 2 plus probablement 1,5 car l'échec de la phalange helvète s'explique aussi en grande partie en raison d'un terrain qui lui était très défavorable, ce qui réduit, il est vrai, l'hypothèse de la parité (les pilums clouaient ensemble beaucoup de boucliers). Le danger était grand pour les Romains avant la bataille puisque César avait renvoyé tous les chevaux afin d'éviter aux cavaliers la tentation de fuir. Ce fait eut aussi peut-être l'avantage de rendre les Helvètes présomptueux.
César, Labiénus s'entendaient à inciter l'ennemi à l'attaque dans des circonstances qui lui étaient défavorables. Contre Arioviste, pas de renvoi de chevaux malgré la crainte qu'il inspire à de nombreux soldats romains que César s'emploie à rassurer (I-40). Les Germains seront écrasés eux aussi mais ils avaient vaincu toutes troupes gauloises réunies (Eas omnes copias (gauloises) a se (Arioviste) uno proelio pulsas ac superatas esse (I-44-3). Alésia faisant de César l'égal d'Arioviste : il visait plus haut et en filigrane ne s'inscrivait-il pas le défi de vaincre avec des effectifs proportionnellement de plus en plus réduits même si les légions sont six au départ, le double à Alésia.

En résumé, les Romains redoutent également les Helvètes et les Germains, guerriers valeureux les uns et les autres sans doute en nombre égal face à des Romains un peu moins nombreux : l'étalon du rapport de base serait la bataille contre les Tigurins, 23.000 contre 3 légions. L'infériorité numérique romaine n'est pas flagrante quoique probable d'une manière générale en 58 aussi. Bien entendu une possibilité de manipulations équivalentes des chiffres par César existe.
Pourquoi César a-t-il 12 légions en 52 au lieu de 6 en 58 face à un danger plus grand ? Deux raisons :
1) En 52 il faut tenir toute le Gaule en respect; en 58 il vient à son secours et n'a, à la fois, qu'un seul adversaire. Après la prise d'Avaricum il partage ses 12 légions en deux mais échoue à Gergovie alors que Labiénus triomphe à Lutèce, double inconvénient pour un demi succès.
2) En 52 l'échéance avec Pompée est brûlante. La Gaule est un prétexte commode quitte à monter Vercingétorix en épingle. L'évidence de cette succession de Pompée (sue du seul César) sera balayée par les comptables des mérites de Vercingétorix et de ses batailles de cavalerie perdues de même que belle de tout élément allant à l'encontre d'une thèse officiellement abandonnée. L'argutie réfutant ce renoncement néglige que celui-ci devrait, pour avoir sa légitimité, être publié dans les mêmes formes que l'objet de son annulation (J.0).

 

 
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