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Gergovie : Les pertes de César

 

L'échec de César devant Gergovie fût significatif en lui‑même mais aussi parce qu'il interrompait une série de défaites des Gaulois dans la défense de plusieurs villes (Vellaunodum, Genabum, Noviodum, Avaricum). M. Goudineau, sans qu'on sache s'il partage ce point de vue, note que les historiens tels que Plutarque, Dion Cassius, Orose dont le récit, le plus sévère à l'égard de César, est postérieur de près de cinq siècles, et d'autres au 19ième siècle, avaient suspecté César d'avoir caché l'importance de ses pertes réelles. Le dommage n'était‑il pas suffisamment grave pour ne pas entreprendre l'histoire avec des hypothèses reposant sur celle commode que César a menti et alors que Napoléon, dans son précis des guerres de César, ne compte pas même Gergovie dans ses défaites en treize campagnes (huit en Gaule et cinq pendant la guerre civile). Il risquait sa réputation auprès de ses contemporains or celle‑ci reste intacte. M. Goudineau, pour sa part, rappelle le chiffre cité par César soit environ 700 hommes mais sans préciser qu'il additionne le nombre des centurions tués (46) avec celui des soldats, moins de 700 (VII‑5-I ). Le texte de César ne mérite‑t‑il pas une explication du fait de sa concision ? Ces deux chiffres ne constituent pas une simple numération mais doivent être sans doute comparés l'un à l'autre. Trois légions sont engagées. César en a six, mais trois ne participent pas à l'assaut32 . L'une accompagne les manoeuvres destinées à tromper les assiégés (VII‑45), la dixième celle de César, la treizième celle de T. Sextius (Il lui demande de faire sortir ses cohortes. Constans) qui tenaient le petit camp n'interviendront que pour protéger le reflux des attaquants. Si on retient le chiffre de 4000 hommes par légion, chiffre donné par M. Goudineau, sans explication (legio non plenissima), le pourcentage des soldats tués est d'un peu moins de 6 %, celui des centurions de 25 % environ. Ce dernier chiffre est important.


La disposition des chiffres de pertes dans le chapitre 51 attire l'attention : César cite en premier le nombre des centurions tués, dés le début du paragraphe, et celui des soldats morts tout à fait à la fin comme s'il avait voulu par leur petit nombre laisser le lecteur sur une impression moins fâcheuse que celle donnée par le premier qui comporte peut‑être de surcroît une critique implicite de l'attitude des centurions qui excités par le souvenir d'Avaricum et des gains réalisés n'avaient pas écouté ou entendu les sonneries de la retraite. Ou bien alors les soldats avaient l'oreille plus attentive.

N'aurait‑ce pas été en outre une singulière maladresse de la part de César d' indiquer un nombre de soldats morts invraisemblable et d'autant plus qu'il aurait caché des «pertes énormes ». Un chiffre intermédiaire entre le «paulus minus septigenti » et les «pertes énormes » eût été plus crédible. « Le faux peut quelquefois n'être pas vraisemblable ». César n'avait pas besoin de lire Jarry pour en être convaincu. S'il ne s'agit pas d'un mensonge invraisemblable, l'alternative ne laisse pas d'autre parti que la vérité.

Les pertes de l'encadrement immédiat de la troupe, considérables, étaient de plus très malvenues. César, au début de la campagne, avait dû faire une levée de soldats dans sa province. Ils étaient certainement peu aguerris et requéraient une attention que ne pouvait qu'affaiblir cette érosion soudaine du corps des centurions. Enfin, ce corps des centurions n'était‑il pas relativement épargné puisque César connaissait le nom de chacun d'eux ce qui nécessite une certaine pérennité des situations (II‑25‑2), interrompue à Gergovie ?

Les pertes romaines, en l'occurrence assez faibles, rendent moins grave et plus explicable l'absence d'exploitation de sa victoire par Vercingétorix qui ne devait pas juger l'intégrité de l'armée romaine véritablement entammée. II n'en reste pas moins que l'affaire était de mauvaise augure: comment les Gaulois, incapables de venir à bout rapidement de C. Fabius, retranché dans un camp trop grand pour ses deux légions (VII‑40 note 3 Benoist, 6000 à 7500 hommes, 2,5 Km entre les deux camps), parviendraient‑ils à vaincre celles enfin réunies de César et Labienus après sa campagne victorieuse de Lutèce ? Pendant le siège, César avait dû faire face à une révolte des Eduens, alliés traditionnels de Rome,( il était accompagné de quatre légions qui parcoururent 74 km en moins de 30 heures VII‑41‑5 note Benoist), déjà peu sûrs en 58 (I‑16‑17‑18).

Il songera alors (VII‑43‑5) à abandonner le siège de Gergovie mais sans que cela, malgré la crainte d'être encerclé et de la défection des Eduens, ne puisse être considéré comme une fuite. Ainsi disparaît l'étrangeté du début du chapitre 47 (VII). César veut quitter Gergovie sur l'apparence d'un succès que représentait la prise d'un camp presque abandonné par les Gaulois. La prise de la ville n'est plus son objectif car outre la difficulté qu'elle comporte, elle risque de constituer une souricière. Le texte est tout à fait cohérent si on relie ces deux chapitres. Un mensonge de César ici ne saurait trouver sa révélation dans une improbabilité d'intention traduite par une quelconque inconséquence du proconsul et auteur.

 


32 César et Labienus à Gergovie et à Lutèce, trompèrent les Gaulois par des mouvements analogues, leurre visuel dans le premier cas auditif dans le second.

Mise à jour le Lundi, 12 Avril 2010 17:44
 
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