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Article de Berthier et Wartelle - Considérations sur die III Commentaires VII-62-10. Rencontre de César et Labienus.


Une démonstration savante de Berthier et Wartelle, consultable sur Internet, traite du trajet de César après Gergovie tout en faisant un sort comme on pourra le voir à quelques dérives sectaires, c'est-à-dire privilégiant d'autres sites que Syam comme étant celui d'Alésia. L'extrait examiné va de la page 69 à la page 74. Retenir "die III" (VII-62-10) (au 3ème jour, depuis le départ de Labiénus de Sens) ne dicte aucune direction indiscutable. Au plus le point de rencontre se trouvait à l'est de Sens sur un arc de cercle situé à environ 75 à 100 km de cette ville. Les deux érudits affirment que César n'a utilisé nulle part  ailleurs cette construction donc "die III" doit être écartée. Elle n'existe pas. Cela revient-il à dire que l'unité tend vers zéro et, qu'à la limite, ce qui n'existe qu'une fois n'existe pas ?

Cette conjecture a néanmoins l'intérêt capital d'éclaircir les mathématiques d'un jour nouveau. Lorsque César (VII-33-1) emploie le mot "detrimentosum", seul exemple connu de ce mot note Benoist(1) cela ne remet-il pas en question l'existence même de cette exception ?
Cette certitude de Berthier et Wartelle à l'égard de Syam implique une alternative.
Est-ce la certitude de la route qui conduit à la certitude de son but (Syam) ou est-ce la certitude du but qui détermine la route ? Si "die III" ne fournit pas de direction, en revanche celle-ci en l'occurrence et contre l'avis de Berthier et Wartelle le sud, peut se déduire sans avoir besoin de faire appel à l' exégèse grammaticale de la part de gens moins ferrés en latin que Benoist qui transcrit "die III" sans problème : il savait qu' il y avait une alternative et depuis longtemps. Toutes les interprétations au sujet des routes suivies par Labienus et César après Gergovie dédaignent la seule route évoquée, celle que la victoire de César à Gergovie eût impliquée après laquelle il eût occupé cette ville, ne serait-ce qu'afin que ses troupes y reprissent des forces comme après la chute d'Avaricum.

Labienus aurait suivi la même route que César en passant par Decize (VII-33-2) il ne pouvait qu'aller vers le sud d'où venait César après son échec imprévu : César vainqueur que pouvait faire d'autre Labienus sinon rejoindre son chef par cette route déjà tracée. Cesar vaincu, Labienus savait que
le chemin ne pouvait être que celui-ci d'autant que Vercingétorix avait été incapable de poursuivre les Romains (VII-53-4) "Ne quidem insecutis hostibus".
Berthier et Wartelle n'envisagent que des parcours provoqués par la défaite de César avec la volonté de l'attirer à Syam. Mais si César l'avait emporté à Gergovie, sa route, répétons-le, ne l'aurait pas amené à Langres. Encore une fois Labienus ne pouvait rencontrer César que sur la route la plus directe entre Sens et Gergovie et on connaît certains des lieux de passage de César : Decize (à l'aller) Bourbon-Lancy au retour, le territoire Senon (VII-56-5).
On est ici devant deux méthodes ceci pour répondre à la question déjà posée : la première place Alésia à Syam et combine les routes pour y aller, la deuxième essaie de déterminer la route de César et cherche un endroit compatible avec la description de César. Alise est assez proche de cette route mais le Beustiau encore plus et il est parfaitement semblable au portrait robot. Mais Berthier qui travaillait au 1/50.000e ne l'a pas vu. Enfin la fameuse impossibilité pour César de traverser le territoire des Senons est risible. Ses bagages étaient à Sens sous la garde de deux légions de recrues ce qui n'indique pas qu'il nourrissait une grande crainte à leur égard et Labienus circulait chez eux sans difficulté.

Ce chiffre de deux légions est d'ailleurs en adéquation avec le nombre de soldats sénonais fournis à la coalition : 12.000 hommes (VII-75-3). Face aux 12 légions romaines, c'était un peu léger. Cela dit emmenés par Berthier et Wartelle ces 12.000 hommes font reculer César et le forcent à passer par Langres. En attendant les Senonais furent incapables d'aider leurs amis et alliés Parisii contre Labienus. En 53 César avait calmé leurs ardeurs (VI-3 et VI-4) et le supplice de leur roi Acco (VI-44-2) avait été le point final de cette révolte.
Cet obstacle constitué par les Senonais obligeant César à se dérouter vers Langres est contredit en VII-56-5. Au retour de Gergovie "iter in Senones facere instituit", César lui-même écrit qu'il passe chez les Senonais pour rejoindre Labienus. Et il le fait sans évoquer la moindre difficulté et avec la moitié de son armée. Enfin César (VII-66-2) est chez les Lingons; alliés de Rome, lorsqu'il rencontre Vercingétorix. Le sud de l'Yonne correspond à cette partie du territoire des Lingons, Labienus et César s'étant retrouvés chez les Sénonais il y a plus de vraisemblance qu'ils fussent dans cette partie du pays lingon qu'à Langres.

Ce serait être incomplet que passer sous silence l'argument fondamental de Berthier et Wartelle, la venue sans armée de César à Langres, alors que celui-ci dit vouloir aller au sud, vers la Province (cette retraite de César, sous la menace de Vercingétorix donne presque à penser que ce sera par erreur qu'il mettra à genoux environ 330.000 Gaulois). La fin de la phrase du VII-62-10 semble avoir particulièrement inspiré les auteurs : "Labienus revertitur Agedincum, ubi impedimenta totius exercitus relicta erant ; inde die III cum omnibus copiis ad Caesarem pervenit". Les légions de César sont, selon eux, envoyées à Sens (sans égard pour des marches inutiles) Labienus est alors en charge de toute l'armée romaine et de tous les bagages et c'est précisément parce que ce sont tous les bagages de l'armée que toute l'armée est là mais leur chef à Langres en éclaireur. Concaténation admirable qui justifie Langres, Syam et le reste. (Le reste a gardé tout cela sur Internet en justification de ses révélations). Le lecteur s'interroge :
a) Si c'est au retour de Lutèce que Labienus retrouve tous les bagages de l'armée, c'est qu'ils y étaient à son départ. Non toute l'armée : il eût pris alors plus de 4 légions (celles confiées par César (VII-34-2)) pour mener la difficile opération parisienne.

b) En VII-10-4, au début de la campagne de 52, César écrit "Duabus Agedinci legionibus atque impedimentis totius exercitus relictis, ad Boios proficiscitur".
En résumé et sauf avis contraire ces "impedimenta totius exercitus" ne prouvent rien de ce que veulent démontrer Berthier et Wartelle. Ce n'est pas en revenant de Gergovie que César a mis ses bagages à Sens mais au début de la campagne de 52. Berthier et Wartelle (p.72) notent que César remonte de Gergovie en passant par les pays sénon et lingon, ce dernier étant chaque fois la région de Langres exclusivement. Lorsque César (VII-9-4) remonte de Vienne, il passe chez les Eduens pour se rendre chez les Lingons par la Nièvre. Il connaît donc bien cette route au sud de l'Yonne. Ils remarquent que César ne mentionne pas sa venue à Sens, tout comme Dion Cassius. César et ses 6 légions si on en croit les Commentaires n'y sons effectivement pas allés.
Plus bas dans cette page 72 les deux syamoins après avoir de nouveau pourfendu "die III" écrivent : "On ne sait donc pourquoi certains (il faut comprendre les partisans d'Alise) ont voulu tirer argument de ce supposé "die tertio" (en fait die III) pour imaginer une jonction de Labienus avec César à trois jours de marche au sud-est de Sens en pays senon". Il n'y a rien en effet à imaginer puisque César l'écrit et que eux-mêmes l'écrivent 23 lignes plus haut dans cette même page 72.

Par conséquent ce trajet de 3 étapes depuis Sens donne une indication majeure : pour atteindre le sud de l'Yonne (en venant de Sens) à la limite des pays sénon et lingon il faut environ 3 étapes (magna itinera soit 30 KM ) déduction a contrario. Huit latinistes ont entrepris une reconstitution d'étape (iter) entre Bibracte et Alise (Alésia soi-disant) 110 KM. Ce trajet doit évidemment s'exclure dans cette direction compte tenu du contexte du VII livre puisque ni les Romains ni surtout les Gaulois qui eux partirent de Bibracte (VII-63-5) ne savaient qu'Alésia serait leur destination. (Les Eduens firent ce parcours dans l'autre sens).
Ce parcours peut se comparer au trajet de Sens à César venant du sud de l'Yonne (territoire lingon. Camp de Cora ?).
Ce parcours tel qu'il est effectué correspond à des "minoribus itineribus" peu susceptibles d'éprouver la résistance du matériel ou d'un légionaire mais capables de fatiguer l'homo latinus contemporain

Le "frumentum" semble exclu du paquetage (1250 grammes de blé par jour). Quel est le texte de référence à propos de la cotte de maille ?
Un scutum, un pilum etc. ne sont pas plus sollicités par une marche que s'ils sont suspendus à un mur. (Des expériences intéressantes ont déjà été effectuées à leur sujet plus révélatrices).
Considérons néanmoins qu'un kilomètre à pied, ça use, ça use, etc..

 

 

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PS. : Cette création ex-nihilo de Berthier et Wartelle tendant à démontrer que César était allé à Langres sans ses 6 légions contredit César quand au fond : depuis son retour en Gaule en 52 il est très attentif à sa sécurité. Voir VII-6-4et VII-9-4 ( "suam salutem" ,  "sua salute").  Ce n'était donc pas pour prendre des risques au moment le plus périlleux à l'endroit le moins sûr.

Voyager en Gaule comportait un risque considérable pour un Romain. (La campagne de 52 commence par un massacre de commerçants). Pour être équitable à cet égard (on remarque que Constans ignore cet inconvénient puisqu'il écrit que Labienus lorsqu'il partit à Lutèce laissa à Agedincum, pour garder les bagages, les troupes de renfort qu'il venait de recevoir d'Italie. Un supplementum est une levée supplémentaire envoyée en renfort (Benoist - Remarque 4). Constans exclut une information importante : il s'agit de recrues. Il traduit le texte latin en y ajoutant que Labienus a réceptionné ce supplementum.
Comment ces 2 légions seraient-elles venues d'Italie alors que César ne voulait pas que ses 10 légions (VI-44-3) le rejoignent en raison des risques à encourir (VII-6-3). En fait ces 2 légions avaient été laissées par César à Sens au début de la campagne (VII-10-4) .

 

 

 


(1)Ancien professeur à la faculté de lettres de Paris, Eugène Benoist [1831-1887] fut membre de l'Institut des Inscriptions et Belles Lettres, titulaire de la chaire de Poésie latine à la Faculté des Lettres de Paris de 1876 à 1887.

 

 

Mise à jour le Vendredi, 28 Mai 2010 12:39
 
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