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Alésia, un site remarquable

 

A l'occasion de l'inauguration du centre historique consacré à Alésia (26.03.2012), il n' a pas paru inutile de revenir sur la plaquette publicitaire en justifiant l'impérieuse nécessité. (voir document joint).

 

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La défaite de Vercingétorix a causé quelques désagréments aux Gaulois, "incommoda" disait César, mais a consacré la gloire d'Alésia et d'autant plus que son site a été reconnu en plusieurs endroits à la fois et en général d'une manière péremptoire. Le Conseil Général de la Côte d'Or a publié une élégante brochure, non datée semble-t-il, dont le coût ne peut qu'être dérisoire comparé aux retombées économiques locales. Et puis n'a-t-elle pas le mérite d'asseoir des convictions historiques dont l'évidence ne peut qu'étouffer des protestations fermées aux arguments de l'histoire et de l'économie. Le plus simple est de reprendre dans l'ordre ce texte fondateur.


"Alésia un site remarquable"
Le site remarquable est celui d'Alise. Cette simplification des données historiques représente un gain de temps et permet de situer l'esprit de rigueur historique qui prévaut dans cette présentation. On n'est jamais si bien couronné que par soi-même.

-  Mais "écoutons César" ce qui induirait que le traducteur du VII-69-I et 2 suivant entende le latin. Probablement avec une traduction à la main, celle de Constans en l'occurrence. "Le pied de la colline était de deux côtés baigné par des cours d'eau". Le distingué érudit reprend l'erreur de Constans. Benoist, plus sérieux, confirme s'il en est besoin qu'il s'agit de deux cours d'eau et non "des". La traduction étant néanmoins facile pour Constans, la volonté de tromperie est évidente car elle correspond à la situation géographique à Alise (non à Givry où le Beustiau est baigné par les seuls Cousin et Cure). Cette erreur est en revanche favorable à Alise entourée de plus de deux ruisseaux.


-  "En avant de la ville": non, il s'agit d'un oppidum. Mais Constans traduit par ville. Cette place forte avait ceci de particulier qu'elle était imprenable sauf avec un siège mais qu'une charge de cavaliers pouvait atteindre le pied de ses murailles. Or on a vu qu'il est impossible à de la cavalerie d'escalader le saillant ouest d'Alise mais qu'en revanche le village est accessible à des machines de siège à l'est.
On ne s'arrêtera pas à des considérations insignifiantes telle que celle qui remettrait en cause l'orientation de la plaine. César montre qu'elle est à l'est de l'oppidum alors qu'elle est à l'ouest. On y reviendra in fine.


-  "César échoue devant Gergovie". César échoue avec la moitié de son armée, l'autre écrasant les Parisiens à Lutèce sous les ordres du très talentueux Labienus. Mais les Gaulois à Gergovie montrent leur insuffisance : ils n'arrivent pas à venir à bout des deux légions de Fabius (VII-41), ne poursuivant pas César qu'ils auraient pu mettre dans l'embarras lors de sa traversée de la Loire (VII-56). César sera vulnérable tant qu'il n'aura pas rejoint Labienus.


-  "Il se dirige vers la région de Langres". L'imagination au service de la mauvaise foi : César ne dit rien de tel, il n'a pas peur des Gaulois sauf dans le cas d'une attaque de la Province. Que serait-il allé faire à Langres qui ne parait pas l'endroit "quo facilius subsidium Provinciae ferri posset" (VII-66-1).

 

-    "soit la Province soit l'Italie du Nord. Il gagne la Province". "Soit" est de trop. Les Gaulois faisaient peser une menace latente sur la Province. Dès le début de la campagne de 52 César doit la mettre en état de défense après une tentative de Lucterius (VII-7). Cette précision des rédacteurs de la plaquette n'est probablement pas innocente : elle justifierait que César emprunte une route plus à l'est vers l'Italie au lieu de prendre la route vers le sud, extrapolation rendant plus plausible un passage de César à Langres.


-    "César entreprend aussitôt d'en faire le siège". Cette plaquette oblige à revenir sur des points déjà évoqués plus longuement. César a vu immédiatement qu'il ne pourrait pas priver d'eau les assiégés. Alise n'offre aucune évidence à ce sujet puisque depuis 150 ans on se dispute pour savoir si 80.000 hommes (VII-71-3) pourraient boire à leur soif à partir de cette fontaine de village. A Blaney, Cure et Cousin fournissent une réponse immédiate.

-  "En quelques semaines sont installés une trentaine de camps" Chaque soir à la fin d'une étape, les Romains installaient leur camp. Vercingétorix a renvoyé immédiatement sa cavalerie "noctu" avant que les Romains aient terminé leurs travaux. Il y avait urgence pour cette raison et aussi à cause des risques de disettes (30 jours peut-être un peu plus de vivres VII-71-4).
L'installation de 30 camps relève comme le reste du texte de l'appoximation et de l'ignorance, César ne précise pas combien de camps ont été installés "opportunis locis (VII-69-7) mais 23 castella.


-  "circonvallations" : construites pour contenir une éventuelle armée de secours. Elle n'était pas éventuelle puisque Vercingétorix avait renvoyé sa cavalerie, "ses premières attaques ayant été repoussées" ,non parce que sa cavalerie une fois de plus (la 3ème) a été battue, mais pour demander du secours. Notons que César savait très exactement quand les Gaulois se rendraient ou quand arriverait l'armée de secours. Les transfuges et les captifs l'avaient tenu au courant (VII-72-I).


-    "Un mois passe". Non un peu plus puisqu'il y avait des vivres pour un peu plus d'un mois et que Critognatus conseillait aux assiégés de s'entredévorer en attendant les secours.


-    "Plusieurs centaines de milliers d'hommes s'affrontent dans un ultime combat". En fait l'affrontement avec l'armée de secours comporte trois épisodes : une bataille de cavalerie, une attaque nocturne gauloise, l'attaque du camp nord. Les gaulois sont repoussés trois fois et dans le premier engagement et le troisième, après avoir combattu courageusement, s'enfuient sans héroïsme particulier.

 

Ce préambule destiné à l'édification du touriste, en quelques lignes, accumule les erreurs alors qu'au contraire on eût pu s'attendre à une certaine rigueur propitiatoire. C'est mettre l'incompétence à un prix élevé (52 millions d'euros) et justifier le peu de confiance à accorder aux thuriféraires
d'Alise. A propos de l'orientation de la plaine, Constans tourne la difficulté en traduisant maceria (VII-70-5) par muraille au lieu de mur (VII-69-5) au demeurant inacessible au débotté et à l'opposé de la plaine (note I p. 262). Les Germains viennent de l'est où est la plaine à Alésia (non à Alise).

Mise à jour le Dimanche, 10 Juin 2012 15:30
 
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