Alesia et dépendances

 

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Le temps retrouvé de M. Voisin PDF Imprimer Envoyer

LE TEMPS RETROUVE DE MONSIEUR VOISIN

 

Le Figaro du 18-19 juillet 2014 a publié une étude sur César sous la plume de M. Jean Louis Voisin, agrégé, professeur honoraire à Paris XII : Choix judicieux s'il en est puisque M. Voisin a apporté la clef de voûte à l'édifice alisien d'Alise Sainte Reine, lieu où fut donc l'ancienne Alésia selon lui. Cet argument décisif où on voit la science apporter son secours à l'archéologie, celle-ci installant l'histoire repose sur la présence à Alise de trois types de chevaux utilisés lors des deux batailles de cavalerie d'Alésia, romains, gaulois, germains. Le fâcheux de l'affaire est que César explique, que le cheval germain, un peu chétif à ses yeux, avait été remplacé par le romain : celui des tribuns, des evocati, des chevaliers. (cf le Bien Public du 13 août 2012). Alesia jacta est.

A ce propos M. Voisin ne dit pas pourquoi entre la parution dans le Bien Public et celle dans le Figaro il renonce à ce qui faisait le plus bel ornement de la première démonstration magistrale de la présence d'Alésia là ou serait Alise. Charmante modestie d'une pensée qui ne veut pas dévoiler les ressorts de ses fulgurations.


Pourquoi César s'embarrassait-il de gens (braves ?) dont il ramenait la valeur combattive à zéro ?
Ce petit préambule explique l'empressement du lecteur à lire l'article du Figaro. Il pressent qu'il va y avoir du nouveau. "A grandes étapes de 150 Km par jour il gagne Genève" Maximis itineribus" (BG 4-7-I). Avec ses soldats, César parvenait à couvrir 50 Km par jour (Suétone). Il accomplissait des étapes de 50 à 60 Km par jour en général. Plutarque écrit qu'il mit 8 jours pour rejoindre Genève soit environ 68 Km par jour. Tous ces chiffres sont déjà extraordinaires sans qu'il soit utile d'en rajouter alors qu'il avait une légion avec lui
(ea legione, quam secum habebat I-VIII-I), tout cela sur une distance d'environ 550 Km si on admet que la course de César ne devait que peu s'éloigner de la ligne droite. (150 Km x 8 = 1200 Km) au lieu de 550 Km environ.
Aux 110.000 Helvètes survivants il faut ajouter environ 30.000 Boïens, erreur certes imputable à César qu'on n'est pas obligé de ratifier. Les Boïens ne retournèrent pas chez eux il est vrai puisqu'ils furent acceptés en Gaule par César. L'article de Monsieur Voisin se termine sur une suite d'affirmations dont le bien fondé s'affranchit de tout fondement. circonstancié.

Où se trouve dans les Commentaires une indication précise sur la soi-disant diversité organique de tactique de chaque peuple gaulois ? Là où on apprend qu'ils élaborent la tactique de la terre brûlée ? Sauf une fois de plus à ne pas suivre César, cette tactique est imposée par le seul Vercingétorix. A-t-elle été acceptée de bon coeur par les Gaulois ? Pas sûr. On pourrait considérer que l'épisode d'Avaricum, entrepris contre l'avis de Vercingétorix, est une dernière tentative pour différer l'inéluctable emploi des grands moyens.
Et les pertes immenses subies par les Gaulois et les Romains : tuer les paysans gaulois (et soldats) c'était se priver de bras indispensables à la culture, à la nourriture des légionnaires aussi. De plus la Gaule est divisée (voir par exemple l'opposition rencontrée à Gergovie par Vercingétorix). César n'avait pas intérêt à tuer ses amis. Ce n'est pas un sot. Quant aux huit légions détruites c'est absolument gratuit car sans le moindre argument, en opposition totale avec l'esprit d'économie si manifeste chez César durant huit ans.
On apprend bien des choses, que Vercingétorix était roi des Arvernes, son père avait perdu la vie quand on l'avait soupçonné de vouloir être roi, on apprend aussi que le siège d' Alésia a duré deux mois mais on n’apprend pas qu'Ambiorix, l' Eburon, fut le chef gaulois qui infligea un désastre à l'armée romaine, c'est dommage. Ainsi disparaît le seul chef gaulois qui ait eu une tactique novatrice (la terre brûlée avait déjà servi) en attaquant les légions en hibernation, et, amoenitates belgicae, en leur infligeant de lourdes pertes (15 cohortes). (On n'apprend pas non plus que tandis que César renonçait à Gergovie, Labienus remportait un succès éclatant à Lutèce). Ce désastre, un des plus graves de l'armée romaine, provoquait aussi la mort de Cotta et Sabinus, deux militaires de valeur. Napoléon pensa-t-il à eux en disant : "Mieux vaut un corps d'armée commandé par quelqu'un de borné que par deux hommes très intelligents" ?
Tropisme étrange de l'univers alisien, M. Voisin est de ceux qui enseignent que le siège d'Alésia dura deux mois.
César penche pour un mois ce qu'il savait dès le début du siège et l'incite à faire fourrager pour un mois. (Dire que des candidats peuvent se faire coller sur des divergences de cet ordre).
Définir le légionnaire en disant qu'il se situe à mi-chemin entre le professionnel et le pillard éternel n'est-ce pas négliger l'aspect le plus étonnant des légionnaires : c'est un terrassier extraordinaire. Le VIIe livre en apporte deux exemples stupéfiants, la traversée des Cévennes dans la neige et bien entendu les fortifications à Alésia.
M. Voisin relève trois faiblesses des Gaulois : ils n'ont pas de service de ravitaillement, de machines de siège, pas de préparation militaire : Ils n'avaient pas de ravitaillement puisqu'ils n'avaient pas de service idoine mais ils mettaient le feu à leurs récoltes. Ils n'avaient pas de machines de siège mais leur nécessité s'est révélée fort rare, ils n'avaient pas de préparation militaire mais ils passaient leur temps à se battre entre eux.
M. Voisin évoque les ravages de cette guerre et en particulier les villes détruites : sans doute mais Alésia serait une exception en n'ayant pas été détruite puisque la présence d'Alise serait la preuve de l'échec gaulois. La raser pourtant s'imposait. César, comme Bonaparte, avec deux campagnes d'Italie, a utilisé la Gaule sans doute pour s'enrichir et prendre le pouvoir. Il n'a pas sauvé Rome comme Scipion face à un adversaire de génie. Après des années d'exil Hannibal rencontre Scipion, membre d'une mission diplomatique de Rome. Ils discutent ;
Scipion : Selon toi quel fut le plus grand homme de guerre ?
-Alexandre qui avec des troupes très inférieures en nombre a vaincu des armées innombrables ?
-Et ensuite :
-Pyrrhus dont la science dans l'installation de ses camps était sans égale ?
Scipion : et ensuite :
-Moi
-Et Zama alors ? -Si je l'avais emporté, je serais le premier. Il a manqué Hannibal à César

Mise à jour le Lundi, 17 Novembre 2014 17:27
 
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