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Monsieur Grapin contre César

En référence à l'article L’Histoire se serait trompée d’Alésia du journal Suisse 24 heures mis à jour le 20.03.2012

 

LA RIPOSTE

M. Claude Grapin n'est pas en effet homme à se laisser convaincre de ses erreurs surtout si elles sont flagrantes. Un de ses arguments les plus solides repose sur la présence de monnaies gauloises. On ne reviendra pas sur l'activité fondatrice de Stoffel qui, a-t-on écrit, avait répandu avec largesse des monnaies venues d'ailleurs à Alise. On s'en tiendra à la présence des Trévires sur les lieux. M. Grapin y certifie leur présence grâce à celle de leur monnaie. Or César précise que les Trévires ne participaient pas à ces combats. Cela lui a été signalé. Il ne doit pas lire ce qu'on lui écrit pas plus qu'il ne lit le latin ce qui en fait l'homme de la situation à Alise : " Treveri, quod aberant longius et ab Germanis premebantur, quae fuit causa quare toto abessent bello" (De Bello Gallico VII-63-7).

Cette remarque liminaire permet déjà de situer les facultés cognitives de conservateur en chef du musée d'Alise et accessoirement, sa bonne foi.

On ne voit pas pourquoi M.Grapin oppose les données géographiques et archéologiques : la recherche doit être maximale chaque fois compte tenu que dans le cas des camps romains ils avaient une valeur spatio-temporelle, puisqu'ayant une valeur archéologique et journalière : on pouvait compter les jours écoulés par le nombre de camps : quintis castris cinq jours (Benoist remarques sur l'armée. Des campements n° 79 P.593).

La survivance de traces régulières de camps romains de l'époque (52 avant JC) ne semble pas attestée entre Sens et le sud de l'Yonne. Notons quand même le camp de Cora.

Il n'en reste pas moins que si la région de Cora est riche en "maceria", murs de pierres sèches (VII-69-5), ils sont invisibles 40 km à l'est autour d'Alise. (Maceria malencontreusement traduit par "mur grossier" par Constans) mais sans doute pas dépourvu d'arrière-pensée puisqu'il enlève toute spécificité au texte de César et au caractère local. Cette imprécision bien venue pour la thèse alisienne n'a que mieux échappé à son ignorance du latin. On lit César mais c'est du Constans.

 

La riposte de M.Grapin se renforce au passage d'un argument qu'on osera qualifier de poids : "L'équipement lourd des légionnaires romains leur permettait difficilement l'assaut des pentes".

 

Avec leur bagage les "legionarii milites" étaient "impediti". Sans leur bagage ils étaient "expediti". C'était le cas lorsqu'ils devaient combattre. Si la situation l'exige les soldats partent "expediti" pour rejoindre le lieu d'une confrontation éventuelle (VII-40). César ne veut pas laisser seules les deux légions de Fabius devant Gergovie tandis qu'il court remettre Litaviccus dans le droit chemin, avec les 4 autres légions. César dispose avec 6 légions et de la cavalerie de la moitié de l'armée, l'autre étant sous les ordres de Labienus. L'armée romaine avant le siège d'Alésia comptait donc 12 légions et non pas 10.

L'argument du poids de l'équipement est donc particulièrement injustifié.

 

M.Grapin estime que César avait assez de soldats pour garnir chaque côté . César quand il a entrepris les circonvallations avec la certitude de l'arrivée d'une armée de secours (après le départ de la cavalerie gauloise) prenait un risque face à l'humiliation qu'aurait constitué la levée du siège. César manquait de légionnaires. "Ayant été obligé d'embrasser un si vaste espace et pouvant difficilement garnir de soldats toute la ligne ..." (Traduction Constans VII-72-2).

L'estimation numérique de l'armée romaine il est vrai "à la louche" paraît exagérée.

En suivant l'hypothèse du texte (legiones plenae), l'armée de César est de 4500x12 soit environ 60.000 hommes (confirmation par le chapitre 89 et le 90 : 80.000 prisonniers gaulois moins 20.000 prisonniers Éduens et Arvernes soit en effet 60.000 romains).

 

Les aperçus sur Alésia de M. Grapin sont-ils de nature à renforcer cette hypothèse ? On peut en douter. Pour M.P.André, ses analyses innovantes constituent un facteur qui suscitera l'intérêt des connaisseurs.

Une indication donnée par César permet de compléter la description qu'il fait: d'Alésia (VII-68-3 ) César voit aussitôt que la place doit subir un siège mais qu'il ne pourra pas assoiffer les assiégés. D'où ses contrevallations immenses. Sans eau l'affaire eut été bouclée en trois jours.

Il fallait que les deux cours d'eau au pied d'Alésia soient immédiatement perçus par César et accessibles aux assiégés. Alise-Sainte Reine ne le permettait pas. Le Beustiau, si.. Certes des partisans de la suprématie gauloise seront indignés de la désinvolture manifestée ici à son égard: rappelons que les Gaulois vont de défaites en défaites dans le VIIe livre, exception faite de Gergovie où ils se montrèrent incapables d'anéantir l'armée romaine réduite de moitié et même de la poursuivre. Comment se fait-il que les Gaulois ne soient-pas allés se frotter aux Romains quand leur cavalerie était encore là? (Sans oublier le combat présomptueux et calamiteux du VII-67).

 

En tout cas César ne les craignait pas si même il ne voulait pas les affronter sur un terrain défavorable pour lui. Rappelons que les armes de jet sont tributaires de la pente.

 

A cette note où l'on montrait que César vacillait sous les coups que les erreurs de M. Grapin lui portaient, il convient d'ajouter une nouvelle flèche certes décisive de l'éminent conservateur.

Quel meilleur argument à propos de cette attitude offensive de M. Grapin que celui proposé par lui-même en écrivant : "Ils (les détracteurs d'Alise) utilisent pour seul argument le texte quasi sacralisé de César".

On appréciera l'humour de M. Grapin. Le seul argument sous entendu s'ils n'ont que ça à proposer ... Sans César il n'y aurait pas de guerre des Gaules archéologie ou pas. Autrement un texte unique devient le seul, tare indélébile si on comprend ce qui est glissé entre les lignes. Argument d'autant plus discutable que la description faite d'Alésia par César ne convient pas à Alise, distorsion imputable à César et non aux tenants d'Alise : on sent en filigrane que le génie du Romain est bien pâle à côté de celui de Napoléon III et partant de ses suiveurs (forte densité à Alise).

A contrario on voit que les Commentaires, insuffisants et sujets à caution, ne sont pas déterminants pour les partisans d'Alise. Il faut vraiment qu'ils soient très forts pour retirer de leur jeu cette pièce maîtresse.

Il est vrai que si le seul César ne suffit pas à emporter la décision au sujet d'Alésia il faut comprendre par voie de conséquence que le seul M. Grapin l'emporte à Alise avec son dossier "spectaculaire" et ses erreurs. C'est vraisemblablement l'assurance de nouvelles révélations.

Rappelons que la présente étude repose pour une bonne part sur un vestige archéologique. (Voir chapitre Puzzle et rebus) On pourrait y voir une contradiction étant donné les réserves ci-dessus à propos de l'archéologie. On ne va pas condamner le bon grain au nom de l'ivraie.

Mise à jour le Lundi, 17 Novembre 2014 18:14
 
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