Alesia et dépendances

 

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Labienius

 

La campagne contre Arioviste (Livre I ch.30) débute par une marche rapide de César vers Besançon (Vesontio) afin de prendre de vitesse le chef germain qui veut s'emparer de la ville.
La campagne s'arqueboute sur cette ville qui échappe à son adversaire, mauvais signe pour celui‑ci dans une confrontation où le présage aura son importance. Le camp nord est en quelque sorte homothétique de Besançon dans le siège d'Alésia : un site excentré qu'il faut tenir à tout prix. Dans
la bataille du camp nord, celle où les Gaulois furent le plus près de l'emporter, il a fallu quand même deux échecs à l'armée de secours pour apprécier l'importance de cette position (VII‑80 et 81) laissée inoccupée par Vercingétorix, où se joua le sort de César. Son premier lieutenant, encore une fois, lui permettra de sauver l'affaire. Qui était Labienus ? Benoist écrit "Son caractère ne parait pas avoir été à la hauteur de son talent comme général, talent qui était tout à fait de premier ordre." (Le jugement de Benoist reprend mot à mot, peu s'en faut, celui de Chamfort à propos de Montesquieu –  N° 844 Caractères et Anecdotes)­ - Benoist se réfère au fait suivant: Commius, un chef gaulois fait roi des Atrébates par César, après l'avoir servi rejoint la révolte gauloise. Il sera un des quatre chefs de l'armée de secours envoyée à Alésia. Au livre VIII les Bellovaques et leurs alliés se soumettent (VIII 21 et 23), Commius s'y refuse. Labienus ordonne à Volusenus, tribun militaire, d'approcher Commius et, sous prétexte d'une entrevue, de le tuer. Tandis que Volusenus prendrait la main du Gaulois, un centurion le frapperait. Le plan échoue. Le centurion troublé par le côté inhabituel de la chose rate son coup (Ce qui constituerait un des premiers actes manqués de la littérature).

Cette tentative d'assassinat datait probablement de l'année 52 selon Benoist (p.520). Elle n'est pas relatée par César. Labienus n'avait pas encore rejoint Pompée: César et Labienus sont morts lorsque Hirtius raconte ce fait dont la conception ne paraît pas étrangère à la nature de Labienus si on se réfère au pro Rabirio (Cicéron). Labienus avait tenté de faire condamner à mort un sénateur qui trente ans avant, Labienus n'était pas né (environ ‑98), en l'an 100 avait participé au massacre d'un Labienus qui était son oncle.

Tribun du peuple il agissait pour le compte de César qui voulait affaiblir le Sénat et son droit de prononcer sa plus redoutable prérogative, le senatus consultum ultimum.
Cette machination à l'encontre de Rabirius, un viellard, aussi cruelle (Rabirius risquait d'être crucifié) que bien conçue avait échoué de peu et en dernier ressort grâce à Cicéron.

Les recherches entreprises sur l'oppidum mandubien privilégient le contenant au contenu, les hommes. Labienus prend sa dimension psychologique en dehors d'Alésia si on ne se réfère pas exclusivement à sa qualité militaire exceptionnelle. Alésia et sa querelle révèlent plus les caractères de ceux qui en ont parlé, à commencer par Napoléon III qui y chevauche une gloire sans aucun talent militaire. Tout le contraire.

Mommsen (I8I7‑1903) Nobel de littérature 1902 s'est intéressé à Labienus. Il écrit à propos de l'épisode parisien que César, après l'échec de Gergovie, remonte à Sens et donne l'ordre à Labienus de se "retirer en arrière". Or César n'a pas revu Labienus avant que celui‑ci ne le rejoigne, les Parisiens vaincus, après 3 jours de marche depuis Sens (VII‑67‑IO). Mommsen ajoute que Labienus avait ramené avec beaucoup d'autres le chef celte. La cavalerie romaine, après la mort de Camulogène, 1e vieux chef gaulois et le seul nommé, massacre les fuyards qu'elle avait pu rejoindre. Il écrit aussi que les Celtes empêchèrent la réunion des deux armées romaines. Or César écrit (VII‑57‑2) qu' à l'approche de Labiénus des troupes importantes venant des territoires voisins et des cités avaient convergé sur Lutèce. Il n'y eut aucune intention d'empêcher César et Labienus de se rejoindre de la part d'éléments gaulois dispersés qui tentèrent seulement de résister à un ennemi venant de Sens (II6 Km) qui semble les avoir en partie surpris. On compte donc en 8 lignes une demi‑douzaine de révélations qui chez tout autre que Mommsen seraient considérées comme de grossières erreurs (p. 149 Rombaldi). Il décrète ensuite, sans doute pour faire bonne mesure que Labienus combattit César pendant toute la guerre civile avec "une obstination irritée", jugement peu flatteur qui laisse plus de place à l'imagination qu'aux faits. Si Labienus n'avait pas pris le parti de Pompée, il n'aurait pas fait partie des rares à avoir battu César (Dyrrachum). Enfin il le compare aux maréchaux de Napoléon, bornés politiquement, alors qu'il fut d'abord un politique (tribun du peuple en ‑ 63) . Les maréchaux de l'empire lorsqu'ils firent une carrière politique la firent après la chute de Napoléon17 et de toute manière la diversité de leur destin à tous interdit toute comparaison globale.

Labienus
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Crédit : Bibliothèque Nationale de France - Droits de reproduction acquités

 

Tentative d’assassinat de Commius par Labienus (traduction du texte d’Hirtius)

LIVRE VIII – 23

Les Bellovaques et leurs alliés se soumettent mais Commius s'y refuse.
I) La nuit suivante les envoyés remportent les réponses aux (Bellovaques), et ils choisissent les otages. Les envoyés des autres cités, qui surveillaient ce qui s'était passé, accourent.
2) Ils donnent les otages, exécutent les ordres, sauf Commius qui, craignant pour sa vie, n'avait pas du tout confiance.
3) L'année précédente, en effet, T. Labienus, alors que César rendait la justice en Gaule cisalpine, ayant appris que Commius tentait de réunir les cités dans une ligue contre César, estima qu'il pouvait en finir avec les trahisons de celui‑ci sans la moindre perfidie de sa part.
4) Estimant qu'il ne viendrait pas s'il l'appelait au camp afin de ne pas éveiller sa méfiance en 1'y attirant, il envoya C.Volusenus Quadratus qui sous prétexte d'une entrevue tenterait de le tuer. A cet effet il lui adjoignit des centurions à toute épreuve.
5) Ils arrivèrent pour l'entrevue et, comme convenu, Volusenus s'empara de la main de Commius;soit parce qu'il fut troublé par le côté inhabituel de l'entreprise soit que les proches de Commius l'en empêchèrent, 1e centurion ne put achever celui‑ci; cependant il lui infligea du premier coup une grave blessure à la tête.
6) On avait dégainé de part et d'autre mais des deux côtés on préféra fuir que combattre : du nôtre parce qu'on croyait Commius mortellement blessé, du côté des Gaulois, après ce guet-apens, ils craignaient plus qu'ils ne voyaient. Après cette affaire on dit que Commius avait décidé que jamais plus un Romain ne le verrait.

Hirtius

17 Sauf Bernadotte, Murat faisant un tour à Naples sous le fouet du chef de manège.

 

Mise à jour le Lundi, 12 Avril 2010 15:36
 
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