Alesia et dépendances

 

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Puzzle et rébus

 

Une conclusion inespérée est donnée à cette étude par une traduction en filigrane de l'inscription gravée sur la plaque retrouvée sur le Montmarte. La traduction au premier degré de la plaque est facile "Au dieu (?) issu de part les oboles et par la grâce de Julius (opposition entre "stips", banal, et Julius, singulier). Si on se rappelle qu'un des mots fétiches du siège est stipites l'attention est retenue : le stips est à Alésia ce qu'étaient la sphère et le cylindre à la tombe d' Archimède, perdue et retrouvée grâce à cela par Cicéron. Soit les lecteurs de l'inscription ne songeaient pas à Alésia soit ils y pensaient trop (comme à d'autres lieux d'ailleurs consacrés par d'égales passions. Les chapelles aussi ont leurs guerres de religion.)

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Julius n'est pas un autre comme sous son consulat avec Bibulus qu'il avait mis sur la touche : les Romains disaient que le consulat était exercé par deux consuls, Julius et César. Julius le différencie de ceux qui après lui furent César et c'est son nom de famille.

 

‑ L'inscription est reprise p. 183 de l'ouvrage de V. Petit (Librairie Voillot - Avallon).
DEO. N(u)rc(...)
EX.STIPIBVS.ET
CVRA. IVLII
Au dieu N(u)rc au moyen des troncs et par le soin de Jules. L'ablatif pluriel de stipes‑pitis est stipitibus mais il existe une forme stips‑stipis, homonyme de stips, obole.
La référence serait triple :
1) Aux commerçants d'Orléans (N(u)rs...
2) Un jeu de mots, la métonymie tronc tente de le rendre, une homonymie, qui sait, un jeu de mot avec CURA18 (cf annexe la Cure- Société d’études d’Avallon-1938)
3) Une clef avec les Commentaires (voir en particulier le ch. 73 ‑ VII).

Cicéron dans des circonstances aussi graves que la guerre contre Mithridate et la nomination de Pompée pour le combattre, n'hésite pas à faire un jeu de mots du même genre à propos de son jeune âge qui jusqu'ici avait fait qu'il n'était pas monté à la tribune des harangues : "omne meum tempus amicorum temporibus transmittendum putavi ?"

Cicéron en l'occurrence fait un jeu de mots sur le double sens de tempus. Temporibus ici signifie "affaires, intérêts".
(De imperio Cn. Pompeii ad quirites oratio) ‑ I‑2
ou bien
"ab eo bello Sullam in Italiam res publica, Murenam Sulla revocavit" (idem III‑8).

La traduction de la première citation retrouverait son esprit dans l'interprétation suivante :
"Ne pouvais‑je penser que les minutes des procès que j'ai plaidés s'ajouteraient à celles que j'y avais consacrées".
"La situation en Italie rappela Sylla de la guerre, Sylla rappela Murena" correspond à la deuxième citation.

 

Un troisième exemple se trouve dans le Pro A.Cluentio Oratio (XXVI‑7I p.11319 ) . Cicéron plaide dans une affaire d'assassinat et de corruption. Il joue sur des homonymies. Deux des corrompus en même temps que corrupteurs, des sénateurs, se nomment l'un Bulbus (l'oignon) l'autre Gutta (la goutte). Le professeur Ramain commente en expliquant que les Romains ne répugnaient pas à ce genre de plaisanterie et que Cicéron s'y laissait aller volontiers. Cicéron explique que le corrupteur, Staienus fait tout à l'envers en s'adressant d'abord à Bulbus alors que les Romains avaient coutume de manger de l'oignon à la fin des repas et non au début et qu' ensuite il rajoute une goutte d'huile.
Voir aussi In Verrem livre II‑52‑12920 page 5, note Ramain, jeu de mot sur caelum, ciel et ciseau et In Verrem livre lII‑2‑64 page 16, note Ramain , double sens de quaestus : profit et prostitution.
En dehors de ces jeux de mots possibles et sans s'y référer l'inscription utilise Stips qui veut dire tronc, moyen de la victoire de César à Alésia. Il va de soi qu'il faut connaître le texte latin, la traduction seule n'est pas parlante et ne pas ignorer la plaque du musée d'Avallon.

Certaines victoires romaines en Gaule furent commémorées par des monuments (Cicéron Pro Fonteio V‑I2) sur les lieux mêmes de ces succès. Domitius Ahenobarbus et Fabius Maximus élevèrent après leurs victoires sur les Allobroges et les mêmes unis aux Arvernes (Pro Fonteio VI page 42 Ramain) des tours de pierre surmontées de trophées. Absent à Alise,un temple existe à Blannay. Il n'est pas obligé de le priver a priori de toute valeur commémorative. Quant à la tour Malakoff peut‑être s'agit‑il aussi d'un clin d'oeil à l'histoire romaine du curé de Sermizelles qui la fit construire. A l'époque bien des curés de village parlaient le latin à la différence de certains archéologues spécialistes de la res romana de nos jours.
La foi chancelante des chrétiens joua dans la consécration d'Alise vers le milieu du IXe siècle explique Madame Sloïmovici, (Mythes et Médecines de la BourgogneEditions Jeanne Laffitte). "Le souvenir des cultes d'antan n'était pas éteint" et " ainsi les malheurs présents apparaissaient‑ils comme un effet de l'abandon des idoles au profit du christianisme qui, par voie de conséquence devait être abjuré". Alésia (Alise) était démonstrative de l'inefficacité des dieux païens. En revanche un temple élevé à Montmarte (ou ses ruines) en souvenir du succès de César aurait eu un effet inverse. Et à Blannay il ne coule pas de source susceptible d'être miraculeuse. Montesquieu dans ses pensées  (N° 263) note 1e profit que les couvents pourraient tirer de l'ignorance et de la crédulité des fidèles à Bigorre et Bagnères. Ce sera Lourdes. Les raisons religieuses et pratiques, les clercs trouveraient leurs ressources dans la source, militaient pour Alise non pour Blannay dont les raisons d'être Alésia s'opposaient à ce qu'elle le soit d'autant que ce temple restait en grande vénération dans les campagnes (Victor Petit p.96).

 

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Inscription antique Inscription restituée
Victor Petit (Librairie Voillot)

Benoist note (V-40-6) que "ex" et l'ablatif marquent la atière dont la chose est faite. César écrit : ex cratibus (V-40-6), ex grandibus saxis (VII-46-3) à propos précisément de moyens de défense.

 

Divinités gauloises ; leur culte (les Commentaires VI-17)

I) Le dieu le plus révéré est Mercure ; ses représentations sont les plus nombreuses. Ils (les Gaulois) le tiennent pour l'inventeur de tous les arts, le guide des chemins et des routes et jugent qu'il a la plus grande efficacité pour les affaires d'argent et le commerce.
2) Derrière lui viennent Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. A leur sujet ils ont les mêmes croyances que les autres peuples : Apollon écarte les maladies, Minerve transmet les principes des métiers et des arts, Jupiter a le pouvoir des cieux, Mars règne sur la guerre.
3) A lui (Mars) est consacré d'ordinaire, lorsqu'ils se préparent à la guerre, tout ce qu'ils prendront , lorsqu'ils sont victorieux ils immolent hommes et bêtes capturées et rassemblent les restes dans un même lieu.
4) Chez beaucoup de peuples il est courant de voir des tumulus de ces dépouilles offerts au regard dans des lieux consacrés.
5) Il n'arrive pas souvent, que quelqu'un au mépris de la loi religieuse, ose dissimuler du butin chez lui ou le prendre sur lui : on le condamne alors aux plus effroyables supplices.

VI‑17 p.33I (Benoist)

César

 


C'est par une invocation à un dieu non identifié que commence donc l'inscription sur la plaque du temple du Montmarte ainsi qu'il était habituel lorsqu'il s'agissait de rendre grâce à un personnage déifié, par exemple un empereur. Ici il est question simplement d'un certain Julius ce qui était le nom de famille cependant de César, exclusif d'une confusion avec un autre César pour l'auteur de l'inscription.

L'inscription est très simple à traduire quelque soit le sens dévolu à stips (obole ou tronc) dont le choix n'est sans doute pas sans malice car générateur d'ambiguïté ce qui échappait moins facilement au scripteur car lui connaissait le latin qu'au chercheur actuel. De tout façon l'inscription a deux sens parfaitement recevables sauf aux latinistes assez distingués pour ne lui en trouver aucun.

Le nom du dieu, resté indéchiffrable, requiert l'attention de la recherche au détriment du reste de l'inscription, qui est sans difficulté apparente pour qui néglige le texte latin ce qui ne vaut pas d'être blâmé tant l'exemple vient sinon de haut, mais du moins d'en haut.

On peut ne pas traduire stips par tronc. C'est même ce qui se passe. Cela revient évidemment à dire que l'inscription invoque un dieu qui consacre la divinité du constructeur du temple édifié aussi avec les oboles des pélerins. Seule objection : le bâtisseur fut Dioclétien non Julius et la corrélation liant les bâtisseurs (pélerins et personnage divin) rompue au profit de l'autre choix dans l'alternative. Cette analyse ne troublera certes pas les prébendiers de chacun des sites, acharnés à se partager le bénéfice des impostures qu'ils se jettent à la face.


18 Stips, tronc, en dehors de cette hypothèse suggère fortement un rappel à César. Autrement dit le traduire immédiatement par tronc est le plus simple.

19 Ramain Hachette ‑ Plaidoiries de Cicéron.

20 Ramain Hachette – Plaidoiries de Cicéron.

Mise à jour le Mercredi, 20 Juin 2012 20:35
 
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