Alesia et dépendances

 

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Ambiorix

 

Ambiorix passait pour un ami de César (Benoist  V-41 note 4). Roi des Eburons, pouvoir qu'il partageait avec 1e vieux Catuvolcus (VI‑31‑5), il donna en 54 le signal du soulèvement. II est assez important pour que H. Martin, fort justement, y voie un exemple propre à exalter le jeune Vercingétorix, Funck‑Brentano un des deux chefs capables de diriger efficacement l'armée venue au secours d'Alésia. Ce ne sera pas le cas.
En 54, César, au retour de la deuxième expédition en Grande‑Bretagne avait disséminé les légions dans plusieurs états pour cause de disette. Jamais elles n'étaient éloignées cependant de plus de 100 000 pas14 (V-24-7) Ambiorix avait décidé de profiter de cette dispersion pour les anéantir l'une après 1' autre. Ce sera la tactique victorieuse de la première campagne d'Italie (1796) ou de la campagne de France en 1814. Entre autres.
Ambiorix fait le siège du camp de Sabinus et de Cotta. Une légion et cinq cohortes sont anéanties. Ce succès encourage Ambiorix. Avec l'aide des Nerviens, des Aduatuques et de leurs clients, il parvient à marche forcée au camp de Cicéron (le frère cadet) et manque de le surprendre après avoir massacré de nombreux fourrageurs. César interviendra de justesse avant un nouveau désastre15 .
L'année suivante (53 avant J.C.), César reprend la campagne contre Ambiorix, (VI‑30). Il divise l'armée en trois corps dont un avec les bagages, confié à Cicéron. Les Eburons se réfugient dans les bois et les marais rendant la poursuite difficile. César fait appel aux peuples voisins dont les Sicambres et les encourage à ravager le territoire des Eburons. L'histoire, encore récemment, a démontré les risques d'une telle manoeuvre. Les Sicambres sont prompts à trouver plus d'attrait au butin escompté chez Cicéron qu' à celui des Eburons. Ils fondent sur son camp, massacrent deux cohortes (VI-40 et VI-44-1) en train de fourrager, le mettent dans un péril extrême avant une nouvelle et audacieuse intervention de César.
1) Ambiorix, directement ou non, a provoqué la perte de plus de dix‑sept cohortes. Pourquoi César aurait‑il dissimulé le chiffre de ses pertes à Gergovie alors qu'il avoue celui‑ci et alors que ses plans, s'ils avaient échoué, en 54 et en 53, ce dernier hasardeux, le condamnaient sur la Meuse et devant l'histoire ? Si la perte de dix‑sept cohortes a un caractère anecdotique, on n'ose imaginer de combien étaient les « pertes énormes » à Gergovie au lieu de la cohorte perdue chiffrée par César. Le mensonge en effet devient patent et d'autant plus difficile à cacher à Pompée, au Sénat et à Rome. Et en 51 (cf VIII‑34 Hirtius), il court encore derrière lui alors que dès 57, les Eburons faisaient partie de la coalition belge. Enfin un plan intelligent, exécuté avec persévérance, ne suscite aucun intérêt chez certains historiens alors que Vercingétorix n'a pas pu l'ignorer et aussi 1' exemplarité de ce petit peuple pour le sien16 .
2) On a cru devoir traiter les deux affaires sans les relier, « guérilla » que le désastre de Sabinus, alors que c'est le premier échec considérable que César ait subi en Gaule (Napoléon, Réflexion sur la Guerre des Gaules), chaude alerte que la guerre des Sicambres mais les deux événements sont indissociables.
3) Ambiorix donne le signal du soulèvement en 54. Fourbe et cruel mais ni plus ni moins que les chefs militaires de l'époque, il était admiré et apprécié par son peuple. César ne mentionne pas à son égard des actes de cruauté propres à rallier les hésitants à la différence de Vercingétorix. Et sur le point d'être pris par les Romains ses proches se sacrifient pour le protéger.

Ce qui sans doute joue contre Ambiorix est qu'il était Eburon, peuple de la Gaule Belgique, entre Meuse et Rhin et qu'ainsi il sortait des limites de l'épure impériale ... Aix-la-Chapelle étant déjà prise, il se rabattit sur Alise. Faute d'être français, il n'était pas gaulois.
L'échec personnel de César contre Ambiorix (La colère de César à l'égard d'Ambiorix fut telle qu'il décida de ne pas raser sa barbe avant de l'avoir capturé. I1 ne semble pas y être parvenu.) malgré l'extermination des Eburons a profité à Vercingétorix et servit Napoléon III qui préfère une défaite à Gergovie qui il est vrai rend évidente l'incapacité de l'Arverne à achever son ennemi malgré les pertes énormes, parait‑il,de celui‑ci et une cavalerie gauloise renommée. Ambiorix n'existe plus. Alise‑Alésia existe. N'est‑ce pas l'inverse ?

Ambiorix n'a pas participé à Alésia. Le poids des Eburons, petit peuple, était sans doute insuffisant face à celui des Eduens ou des Arvernes pour lui confier le commandement ou du moins un commandement important. On se rappelle que les Eduens pensaient l'obtenir et qu'il leur échappa. Ce ne fut certainement pas un facteur de succès. Lorsqu'on compare les pertes infligées aux Romains on voit qu' Ambiorix l'emporte largement sur Vercingétorix qui ne peut exciper que de trois déroutes de sa cavalerie (VII‑13, VIl .67, VII‑70) et de son incapacité, à Gergovie, à venir à bout des deux légions de Fabius alors que l'armée gauloise était au complet, cela durant l' épisode Littaviccus. Cet échec laissait mal présager de l'avenir.
Une certaine complaisance prébendée à l'égard de la thèse officielle impose Alise et exclut Ambiorix malgré les Commentaires. Ceux‑ci ont pourtant leur importance dans l'étude de la Guerre des Gaules.
La nature de ce procédé est la même. Réfléchir à cette éviction d' Ambiorix contribuant à garder une importance usurpée à Alésia (sauf en terme de défaite) ne rend pas inconcevable qu'elle usurpe aussi sa place sur le terrain.
Le site d'Alise trouve son origine dans des considérations postérieures qui ne sont pas de nature à éclairer la compréhension du texte de César.

César, durant la guerre des Gaules, codait ses messages afin qu'ils ne puissent, au cas où ils auraient été interceptés, être compris de ses adversaires. Il y avait donc parmi ces peuples des éléments sachant lire et en particulier chez les Eburons d'Ambiorix. (Les Eburons étaient un peuple probablement d'origine germanique installé en Gallia belgiquae). Or huit siècles plus tard, Charlemagne, fils, petit fils, arrière petit fils de maires du palais ne savait, paraît-il, pas lire. Cela ne laisse pas de surprendre. Interrogé (02.03.2008) M. Alain Rey tempère le propos. Vers la quarantaine, le prestigieux proselyte de l'instruction publique, aurait tenté d'apprendre à lire. Quoi qu'il en soit il maîtrisait le latin et le grec qu'il parlait parfaitement, "alors qu'il avait d'autres chats à fouetter que d'apprendre à lire". Il est permis de se demander si les chefs de ces peuples, (ou leurs proches alphabètes) sans cesse en guerre entre eux quand ce n'était pas César qu'ils avaient aux trousses lequel de son côté enrichissait la littérature mondiale, n' avaient pas aussi d'autres chats à fouetter ...
"Cesar hanc epistulam Graecis conscriptam litteris mittit, ne, intercepta epistula, nostra ab hostibus consilia cognoscantur"...
Ici l'alphabet grec sert de code. On s'en est étonné puisque les Gaulois l'utilisaient normalement, bien qu'il s'agissait en l'occurence d'être indéchiffrable à des Eburons plus lettrés que Charlemagne.



14 Un pas = 1,478 m

15 Theodor Mommsen a‑t‑il lu les Commentaires ? I1 écrit : "On vit éclater dans cette circonstance, (la guerre civile) pour la première fois, l'inconvénient qui résultait de ce qu'il n'avait jamais laissé se former dans ses camps des lieutenants capables de commander isolément". C'est tout le contraire comme le montre par exemple la dispersion de ses légions dans plusieurs Etats au retour de la deuxième expédition en Bretagne (V‑24) sans compter les délégations que César confiait à ses lieutenants pour des opérations souvent difficiles (Cf. Labienus, Brutus, Fabius, etc). Rombaldi (p.247)

16 A Gergovie une légion aurait été mise en déroute écrit Suétone, ce qui correspond au récit de César. Que pensait d'ailleurs César de l'anéantissement des cohortes de Sabinus et Cotta ? Il emploie le terme "incommodum" (V‑53‑4). Constans traduit par désastre. Certes, c'en fut un mais le mot employé par César, en‑deçà de la réalité, soit conduit à penser qu'il a voulu diminuer la portée de l'affaire en la réduisant à un simple désagrément soit qu'il manie l'ironie et l'euphémisme. Il parle d'incommodum tant à l'égard des désastres gaulois que romains. Par exemple César place le mot dans la bouche de l'envoyé helvète Divicus (I‑I3‑4) à propos du désastre subi par Cassius face aux Tigurins. Constans passe à côté de César et de son sel, difficile à saisir à la fourche caudine du gai savoir.
Les Commentaires ne parlent pas de désastre à Gergovie et certains fervents de Vercingétorix reprochent à César de travestir la vérité. En revanche César considère que l'anéantissement des cohortes de Sabinus et Cotta en fut un. Les mêmes (fervents) ne l'évoquent que comme une contrariété mineure qui ne saurait balancer l'échec de Gergovie. A la cohorte perdue comptabilisée par César, ils opposent les pertes énormes qui auraient dû le vouer à une destruction totale.

 

Mise à jour le Samedi, 24 Avril 2010 17:45
 
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