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Historia fait Le Point

 

Historia-LePoint - Fevrier/Mars 2010

LE POINT - HISTORIA de février/mars 2010 répertorie cent idées reçues et fausses sur les héros de notre histoire. Une page (p.11) est consacrée à César et ses raisons d'envahir la Gaule, une autre à Vercingétorix (p.12). Sans vouloir intervenir dans un débat que l'auteur maîtrise sans avoir besoin de quiconque, il est permis de s'interroger sur certaines de ses affirmations.

 

 

Article (p.11) : CESAR envahit la Gaule préventivement


"La tribu des Eduens"
Les Eduens constituent un des peuples les plus importants de la Gaule avec les Hélvètes, les Séquanais, les Arvernes. Amis du peuple romain (décision du Sénat romain) leur statut s'accommode mal d'un prestige simplement tribal. Ce terme réducteur joint aux charmes de l'erreur ceux plus généraux d'une incompréhension profonde de la situation politique en Gaule. César n'est pas venu en Gaule à la demande des Eduens mais en raison de la menace que représentait l'exode des Helvètes. Il reçoit à Genève les députés helvètes, diffère sa réponse et fait échouer le projet helvète de passer par le territoire des Allobroges et la Province.

Les Hélvètes décident en conséquence de passer chez les Séquanais et les Eduens qui appellent César. L'auteur de l'article ignore que le peuple helvète est gaulois, ou n'en tire pas le conséquences, que Genève est en Gaule et que César intervient pour barrer la route à cet envahisseur en premier lieu.
Les Eduens (I-II-1) demandent à César une intervention dont 1 cause était celui-ci, coup de billard à trois bandes volontaire ou non de César (on retrouve cette manoeuvre au 7ème livre ch8. lorsque César menace les Arvernes pour obliger Vercingétorix à venir à leur secours et à quitter le pays biturige (VII-8-5).

"Les Helvètes voulant échapper aux Germains d'Arioviste"
Ce sont les Arvernes et les Séquanais qui après avoir appelé Arioviste en sont devenus les victimes (I-31-4 et 5) qui implorent César. (Discours de l'Eduen Diviacus (I-31). Arioviste n'a rien à voir avec le départ des Helvètes.
Les Helvètes estiment au contraire que leur territoire n'offre plus assez d'espace à leur vertu guerrière et que les autres peuples gaulois ne sont pas de taille à leur résister. C'est Orgetorix un noble ambitieux qui fomente ce projet (I-3).

"Changeant brusquement de direction"
On a vu plus haut la raison de ce changement qui sinon ne tient qu'à un caprice d'universitaire.

"Et repousse aisément les Helvètes."
La bataille de Montmort fut difficile ainsi que César l'avait prévu. "César, en commençant par le sien, fait mettre hors de vue les chevaux de tous (les officiers) afin que le péril étant le même pour tous, soit enlevé l'espoir de fuir (I-25-1).


"Vercingétorix parvient à plusieurs reprises à repousser les Romains"
Les Gaulois sans Vercingétorix et leur cavalerie dissuadent César (VII-19) d'attaquer... Vercingétorix y voit un succès (VII-20-12) le seul véritable des Gaulois durant la campagne de 52. Sinon Vercingétorix se révèle incapable d'exploiter son avantage à Gergovie, livre trois batailles de cavalerie qu'il perd chacune. Vercingétorix n'a donc pris qu'une seule fois l'avantage sur César, sans en profiter.


" Vercingétorix se fait enfermer dans Alésia "
Pas du tout : il a pris cette décision en dehors de la présence sur les lieux de César qui avait un retard de un ou deux jour sur lui.
C'est faux également de dire que les révoltes d'avant 52 furent sporadiques : Ambiorix infligea un désastre aux Romains (à Sabinus et Cotta deux excellents lieutenants de César) et manifesta une agressivité persistante qui exaspéra César (épisode de la barbe). C'est Ambiorix et non Vercingétorix, le grand homme des Gaulois.
Bien sûr pas un mot sur le très talentueux Labienus.
En revanche le million de Gaulois tués, le million prisonnier, sortent du chapeau de l'auteur sans preuve aucune : l'imagination ne suffit pas à suppléer l'ignorance. (La pire malhonnêteté est d'enseigner ce qu'on ignore. N.Bonaparte).



Article (p.12) : VERCINGETORIX fait l'unanimité

"Vercingétorix est le grand chef de la résistance" parce qu'il rallie toute la Gaule à Alésia.
Ce n'était pas son projet. Il devait écraser les Romains (discours du chapitre 66 - livre VII Alésia impliquait sa défaite préalable.
En fait César a monté en épingle un chef dont il préférait parler au lieu d'Ambiorix. Diviser son armée en deux pour aller l'affronter à Gergovie donne une idée de la crainte que lui inspirait l'Arverne qui détalera le long de l'Allier, se fera berner avant de se réfugier à Gergovie (VII-35).

"Ces alliances lui (à Vercingétorix) ont permis de remporter plusieurs victoires."
On l'a vu, c'est faux : c'est quand même incroyable de dire et répéter de pareilles sottises.


"Lors de la bataille d'Alésia la défection de ses alliés a entraîné la défaite définitive des Gaulois"
Encore une erreur : d'où sort cette révélation ? Pas des Commentaires en tout cas. Evidemment les Eduens auraient voulu commander la coalition, évidemment l'abandon de la tactique de la terre brûlée par Vercingétorix (VII-66) laisse perplexe mais de là à affirmer qu'il y eut une défection gauloise c'est aller un peu vite en besogne.


"La coalition parvient à faire reculer César" : celui-ci au contraire met en déroute la cavalerie gauloise. Fuite de Vercingétorix à Alésia.


"Pensant prendre en tenaille les troupes de César."
Lorsque la cavalerie gauloise part chercher du secours seules les contrevallations sont commencées. Les circonvallations sont un choix de César. Il pouvait partir sans attendre les Gaulois.

"Vercingétorix laisse à ses officiers le choix de le livrer aux Romains. "
Il faut au moins une alternative pour que ce choix s'exerce : soit sa mort, soit sa reddition aux Romains.


"Les militaires ne tirent aucun avantage de leur trahison."
Il n'y a pas eu de trahison de la part d'hommes qui n'ont plus aucune prise sur leur destin. Trahison à coup sûr moindre que celle de l'auteur par rapport aux Commentaires. Les chefs gaulois n'avaient rien à offrir pas même une trahison.

"Napoléon III fait commencer des fouilles sur les sites de Bibracte, Gergovie et Alésia. "
On voit que l'auteur a fait son choix : Alésia était à Alise ce qui est possible si on ne se soucie pas de César. (Une subvention de 50 millions d'euros est autrement probante comme dirait le Bien Public). Question : Pourquoi entreprendre des fouilles pour démontrer qu'il s'agit bien d'Alésia puisque précisément elles sont accomplies autour d'Alésia ?

 

Ce petit aperçu critique n'a provoqué aucune réaction de la part de la revue éditrice quoiqu'il soit de nature à susciter des interrogations à propos du sérieux de l'auteur. Afin d'aider la conjecture à tracer sa voie à propos de cette discrétion éditoriale peu encline à se soucier d'une lecture dissidente, il convient de remarquer ceci.  N'est-il pas plus aisé de triompher dans son propre éloge (Cf Didier Porte, France-Inter 2 avril 2010 à propos de Franz-Olivier Gisbert. Le talentueux chroniqueur remarque que les critiques les plus élogieuses des romans de Gisbert émanent du Point qu'il dirige) que dans la critique de l'éloge d'un autre, César, par lui même ?

A lire Le Point la réponse est oui. Et puisque Le Point se fait fort d'ébranler les vessies au profit des lanternes n'est-ce pas l'occasion de dire : " In eo ipso loco quo reprehendit, immittit imprudens senarium" .


NB - On ne voit pas d'ailleurs pourquoi César avec ses 12 légions aurait craint 80.000 Gaulois. Les Gaulois sept ans avant avaient été mis en déroute par Arioviste dont les 120.000 féroces et barbares guerriers avaient été anéantis par lui et avec moins de monde.

Mise à jour le Lundi, 24 Mai 2010 09:21
 
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